IGNORANCE CRASSE ET PÉTITIONS

PAR : Jacques Brassard

Reynald Du berger, dans un billet sur le blogue Les Analystes, nous renvoie à deux entrevues radiophoniques de lui-même et de Johanne Marcotte avec Benoît Dutrisac. Et il est remarquable comme ce dernier incarne, de façon quasiment exemplaire, en matière de climat, l’ignorance immensément crasse des grandes gueules médiatiques québécoises. C’est vraiment pitoyable!

Ainsi, dans l’échange avec Reynald Du Berger, il confond allégrement pollution et émission de CO2. Quand on est à un pareil stade de confusion conceptuelle, on devine qu’il risque un choc cérébral si on lui dit que le CO2 n’est pas un polluant, mais un gaz inoffensif, non toxique, et essentiel à la vie sur terre. Indispensable aussi au champagne, à la bière et au coca-cola.

M. Du Berger croit que le béotien Dutrisac s’est moqué de lui. Je crois plutôt que son rire tonitruant servait plutôt à camoufler son embarras devant des événements et des réalités dont il n’avait pas la moindre idée avant de parler au géologue à la retraite : le climategate, l’expérience en cours au CERN sur le rôle du rayonnement cosmique dans la formation des nuages en basse altitude, la vapeur d’eau comme principal gaz à effet de serre…

Mais c’est dans l’entrevue avec Johanne Marcotte qu’il se déchaîne! Étalant encore davantage sa suffisance et ses carences en matière de climat. D’abord, il éructe la même menterie-cliché que le gourou Guilbeault à l’effet que je nie le réchauffement climatique. Ce qui est faux. Ce que je mets en doute, c’est le rôle moteur du CO2 émis par l’être humain dans le réchauffement récent. Et je suis loin d’être le seul à douter.

Mais ça arrange bien les anthroporéchauffistes de claironner que nous nions le réchauffement climatique. Ils peuvent alors nous classer comme des « bizarroïdes». C’est ainsi qu’il m’a qualifié. Mais il en remet. Il me traite d’ignare. « Qu’est-ce qu’il connait Brassard sur le climat? » pérore-t-il. Ou mieux encore : «C’est qui, ça, Jacques Brassard? ». J’aime beaucoup le « ça ».

C’est sûr, je ne suis pas un expert du climat. Et je n’ai jamais prétendu l’être. Mais une chose est certaine, j’en connais pas mal plus sur la question que le péteux de broue Dutrisac qui, dans les deux entrevues, exhibe non seulement son ignorance résolument crasse en la matière mais aussi sa pathétique paresse intellectuelle. Mais il peut toujours se consoler, il n’est pas le seul cancre sur le sujet, il y en a toute une tribu dans le monde médiatique québécois. Par exemple, Patrick Lagacé qui, à l’émission de Mario Dumont, proclame que de douter de l’origine humaine du réchauffement, c’est comme nier la loi de la gravitation. Et il ne semblait pas conscient, avec une métaphore aussi outrancière, qu’il se comportait en ignare loufoque.

SUR LES PÉTITIONS

Vous pouvez lire sur mon blogue un commentaire de Daniel Tremblay sur les pétitions mettant en doute l’anthroporéchauffisme.

Évidemment, il cherche à discréditer l’Oregon Petition. C’est compréhensible puisqu’elle compte plus de 30,000 signatures de scientifiques dont au moins 9000 docteurs en science. Mais il le fait en se fondant sur un article qui vise à saper la crédibilité de la pétition à partir d’un échantillon de 30 signataires! M. Tremblay reconnait lui-même que « ce n’est pas très scientifique ». Il a bien raison : 30 signatures sur 30,000, c’est à la fois insignifiant et dérisoire.

Et on comprend pourquoi, chez les anthroporéchauffistes et le haut clergé du GIEC, on s’efforce de déconsidérer l’Oregon Petition. 30,000 signataires, ce n’est pas rien! C’est une preuve incontournable de l’absence de consensus dans la communauté scientifique sur l’origine anthropique du réchauffement récent.

Et il y en a bien d’autres, des pétitions. On peut d’ailleurs retrouver la liste sur l’excellent blogue Pensée unique pour les Scientifiques. Signalons la Déclaration de Manhattan (600 scientifiques), l’Appel de Heildelberg (400 signatures), le rapport minoritaire d’une commission du Sénat américain (700 scientifiques), une lettre au PM Harper demandant un réexamen de la thèses du réchauffement anthropique (60 signataires) et la lettre d’une centaine de savants au Président Obama pour lui dire que le débat sur le climat est loin d’être clos.

Et savez-vous pourquoi j’évoque souvent toutes ces pétitions? Je sais bien tout d’abord qu’il ne faut pas conclure que la vérité scientifique se détermine en obtenant une majorité au sein de la communauté des savants. La vérité scientifique n’a rien à voir avec la démocratie et ses procédures. Il n’y a pas de vote au scrutin secret pour savoir si c’est bien l’homme (et ses émissions de CO2) qui est la cause du réchauffement.

D’ailleurs, dans l’histoire de la science, à de très nombreuses reprises, il s’est avéré que la vérité scientifique s’est retrouvée du côté d’une minorité de savants. Einstein a été longtemps isolé avec sa théorie de la relativité. Et les tenants d’un Univers en expansion furent minoritaires un bon bout de temps. Quant à tectonique des plaques et la dérive des continents, le concepteur de cette théorie, Wegener, fut longtemps solitaire…ou presque.

On pourrait allonger la liste, mais retenons que même en admettant l’hypothèse soutenue par M. Tremblay, c’est-à-dire qu’il y a une majorité de scientifiques qui adhèrent à la vulgate du GIEC, il serait téméraire de conclure que la vérité scientifique loge à l’enseigne de la grosse patente onusienne.

Ces pétitions démontrent surtout que sur la thèse de la responsabilité humaine du réchauffement, le consensus n’existe pas au sein de la communauté scientifique et que, par conséquent, la vérité scientifique en matière de climat est loin d’être établie.

Et les gratte-papier, les journaleux et les aboyeurs radiophoniques mériteraient davantage le respect s’il cessait de jouer le rôle de laquais flagorneurs et intellectuellement fainéants du clergé écolo et s’il cessait aussi de croupir dans une ignorance immensément crasse.

Jacques Brassard

 

SOURCE : http://blogjacquesbrassard.blogspot.com/2010/11/ignorance-crasse-et-petitions.html