Pierre-Karl Péladeau : Modèle pour l’entrepreneuriat jeunesse?

PAR :  Bernard Dahl , RJCCQ

 Lettre ouverte du Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec

 Montréal, QC. 11 février 2011 – Suite de la comparution très attendue de M. Pierre-Karl Péladeau à la Commission parlementaire sur la modernisation des dispositions anti-briseur de grève, le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec (RJCCQ) pose la question : Pierre-Karl Péladeau est-il un modèle pour l’entrepreneuriat québécois?

Bien que ses décisions et ses façons de faire soient loin de faire l’unanimité dans le monde des affaires, de la politique ou de la syndicalisation, Pierre-Karl Péladeau (PKP) semble être devenu une des seules références entrepreneuriales disponibles pour la relève d’affaires du Québec.

De plus, sa volonté à contester les idées reçues, le statu quo et les façons de faire qui lui semblent révolues ou incohérentes semblent refléter l’approche de non-conformité typique des générations qui succèdent aux baby-boomers.

Voici quelques indications de l’influence potentielle du président de Quebecor auprès des jeunes entrepreneurs québécois :

« Never mind » la politique

L’indifférence relative de M. Péladeau vis-à-vis le statu quo politique qui tente d’exercer une pression sur les activités de son entreprise n’est pas négligeable. Compte tenu du cynisme des générations X et Y à l’égard du système politique, le simple fait de poser des actions – et non les actions elles-mêmes – pourrait faire de PKP un modèle influent pour l’entrepreneuriat jeunesse.

Oser affronter les syndicats

L’intense combat mené par PKP contre de vieilles mentalités syndicales se compare bien au besoin de relever des défis de taille souvent décelé chez les entrepreneurs, qui doivent souvent remettre en question le statu quo.  En persévérant contre une telle adversité, PKP démontre une des valeurs clés de l’entrepreneuriat – celle de la persévérance et de la conviction.

Fonction publique : Outil ou obstacle?

Il existe une perception de la part de plusieurs entrepreneurs québécois que la fonction publique est souvent détachée de la réalité entrepreneuriale, que les intervenants travaillent surtout dans un intérêt d’auto-préservation; un autre exemple de cynisme vis-à-vis le modèle de développement économique en place. L’entrepreneur peut s’identifier avec l’approche plus cavalière typiquement associée à M. Péladeau.

Les Nordiques, la LNH et l’amphithéâtre à Québec

Lorsqu’il a proposé une implication financière concrète dans le financement éventuel d’un amphithéâtre à Québec et, par conséquent, le retour possible d’une franchise de la ligue nationale de hockey, PKP s’est avancé là où la politique hésitait. Une fois de plus, l’action permet à PKP de se démarquer, qui a démontré une volonté à contribuer au développement local en investissant dans un projet important pour le Québec. Ces gestes concrets pourraient servir de points de repère aux jeunes entrepreneurs qui chercheront à investir localement.

Jouer dans la cour des grands

Considéré comme l’un des chefs d’entreprises les plus « redoutés» de la compétition, PKP, par sa filiale Vidéotron, n’a pas hésité à concurrencer des entreprises de renom telles que Bell, Telus et Rogers. Son audace lui a d’ailleurs valu le titre de PDG de l’année 2010 par le magazine Report on Business du quotidien torontois Globe and Mail. 

Acheter au lieu de vendre

Alors qu’il aurait pu s’enrichir financièrement et laisser Quebecor sombrer vers la désuétude, ou de tout vendre à des intérêts étrangers, PKP a plutôt décidé d’amener l’entreprise dans une nouvelle direction, en posant des gestes radicaux. Confrontés aux intérêts financiers des baby-boomers, qui se dirigent vers la retraite, la jeunesse québécoise pourrait s’identifier à ce besoin de renoncer à la complaisance et de remettre en question le statu quo.

Implication sociale / philanthropie

Les contributions philanthropiques de M. Péladeau et Quebecor, qui s’impliquent financièrement auprès de plusieurs œuvres caritatives et initiatives artistiques, servent certainement d’exemple pour la relève d’affaires québécoise. 

Conclusion

Le Québec approche le jour où la pénurie de main-d’œuvre rencontrera le déficit entrepreneurial, que 237 000 PME québécoises seront à vendre alors que les 68 000 acheteurs potentiels auront peine à trouver des capitaux (déficit de 149 000 repreneurs), l’entrepreneur québécois devra s’inspirer de modèles de réussite concrets et locaux contre lesquels mesurer son impact et ses ambitions.

Qu’on le veuille ou non, Pierre-Karl Péladeau est l’un de ces rares entrepreneurs québécois qui occupent une place importante dans la sphère publique.

Peu importe les combats spécifiques menés par les entités de son entreprise, le simple fait de poser ces actions témoigne d’un leadership et positionne Pierre-Karl Péladeau comme entrepreneur. Même s’il ne fera jamais l’unanimité, force est de constater que Pierre-Karl Péladeau est un des rares entrepreneurs québécois d’envergure qui remet en question les modèles d’affaires traditionnels. Dans ce sens, poser la question, c’est y répondre; Pierre-Karl Péladeau est un modèle pour l’entrepreneuriat jeunesse du Québec.

SOURCE : http://blog.rjccq.com/2011/02/lettre-ouverte-pkp/