VIVE WIKILEAKS!

PAR : ERIC DUHAIME – BLOGUE EN DROITE LIGNE

Permettez-moi ce matin d’y aller d’une fausse note dans le concert quasi-unanime de la classe politique mondiale qui condamne depuis plus d’une semaine le porte-parole de WikiLeaks, Julian Assange. Cette attaque en règle du messager met en lumière le fait que nos bien-pensants n’aiment pas que le peuple sache ce qu’ils font avec votre argent.

Qu’est-ce qu’il y a de si mal à ce que les gens apprennent pourquoi et comment sont menées les guerres aux quatre coins du globe? Qu’on sache ce qu’écrivent nos diplomates en échange du salaire qu’on leur verse?

Il me semble que ce soit d’intérêt public de comprendre qu’est-ce qu’on foute en Afghanistan ou ce que font les Américains en Irak. On exige de plus en plus de transparence dans la gestion des fonds publics. Pourquoi cette chasse-gardée en matière de relations internationales?

BÂILLONNER INTERNET

Les services de l’ordre mondial se sont mobilisés plus rapidement et plus efficacement pour mettre la main au collet d’Assange qu’ils ne l’ont fait pour Ben Laden. Assange n’a pourtant que mis en ligne de l’information qu’il n’a pas volé.

Comment se fait-il qu’on ne questionne pas plutôt l’incapacité, pour ne pas dire l’incompétence, d’une bureaucratie à garder confidentiel ce qu’elle classe top secret?

L’argument de ceux qui prétendent que notre sécurité nationale soit menacée ne tient pas la route. Ça ressemble trop à des privilégiés qui n’apprécient pas qu’on questionne une mauvaise politique étrangère.

L’information rendue publique sur WikiLeaks ne vise aucunement à trahir l’Occident pour aider ses ennemies en temps de guerre. Elle révèle plutôt les mensonges d’une classe dirigeante qui se pense au dessus de nous. Des gens qui croient qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent avec le bien public, sans nous rendre de comptes.

On croirait avoir affaire aux haut-fonctionnaires de la société Radio-Canada qui s’imaginent pouvoir tout se permettre sans que vous sachiez où va le milliard $ que vous leurs verser annuellement comme contribuables. Ou encore de leaders syndicaux qui refusent de dévoiler à leurs membres ce qu’ils font de vos cotisations syndicales obligatoires.

DEUX DROITES

Ces fuites permettent aussi d’identifier clairement les deux grands courants de pensée présents au sein de la droite politique. Du côté des néo-conservateurs, mes amis Ezra Levant et Tom Flanagan, deux ex-conseillers politiques des chefs de l’Alliance canadienne et du Parti conservateur, considèrent qu’Assange devrait être exécuté. Pour eux, la tradition et le respect des institutions priment, surtout  lorsqu’il est question des États-Unis. Du côté des libertariens, nous considérons au contraire que la liberté individuelle doit primer sur les secrets d’état.

Les nouvelles technologies échappent de plus au plus au contrôle des politiciens. Ce sont elles qui permettent aux Cubains, par exemple, de s’informer sur leurs conditions réelles, comme elles rendent aujourd’hui possible à tous les habitants de la terre d’accéder à des secrets d’état. Grâce à Internet, aux télés satellites, aux cellulaires et autres, notre dépendance au verbiage des politiciens s’estompe. Les jours de la désinformation politicienne achèvent. Bienvenue dans la cyber-information et merci au cyber-journaliste Assange!

 

SOURCE : http://blogues.canoe.ca/ericduhaime/enjeux-de-societe/marche-libre/vive-wikileaks/